Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/221

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DEUX VIEILLARDS
(1885)

La femme lui dit : Seigneur ! Je vois que tu es un prophète.

Nos pères ont adoré sur cette montagne et vous dites, vous autres, que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem.

Jésus lui dit : Femme, crois-moi : le temps vient que vous n’adorerez plus le Père ni sur cette montagne, ni à Jérusalem.

Vous adorez ce que vous ne connaissez point ; pour nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.

Mais le temps vient, et il est déjà venu, que les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité, car le Père demande de tels adorateurs.

Jean, iv, 19-23.

I

Deux vieillards se préparaient à aller en pèlerinage à Jérusalem. L’un d’eux, un riche paysan,