Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/224

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— Eh ! mon ami, tu ne saurais faire tout, ni voir tout. Ainsi, récemment, mes femmes nettoyaient pour la fête. C’était tantôt une chose, tantôt une autre. Je n’aurais jamais pu tout faire. L’aînée de mes brus, une femme intelligente, disait : « C’est bien heureux que la fête vienne à jour fixe, sans nous attendre ; car autrement, malgré tous nos efforts, nous n’aurions certainement jamais fini. »

Tarassitch resta rêveur, puis il reprit :

— J’ai dépensé beaucoup d’argent à cette construction, et pour se mettre en route, il ne faut pas avoir les mains vides. Cent roubles, c’est une somme !

Elisée se mit à rire.

— Ne fais pas de péché, mon cher, dit-il. Tu possèdes dix fois plus de biens que moi, et c’est toi qui t’arrêtes à la question d’argent. Donne seulement le signal du départ. Moi qui n’ai pas d’argent, j’en saurai bien trouver.

Tarassitch sourit aussi.

— Vovez-moi ce richard ! fit-il. Mais où en prendras-tu ?

— Je fouillerai la maison ; je ramasserai quelque chose, et pour compléter la somme, je vendrai une dizaine de ruches au voisin qui m’en demande depuis longtemps.

— Mais l’essaimage sera bon cette année, et tu auras des regrets.

— Des regrets ! Mon cher je n’ai rien regretté