Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/226

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II

Et Elisée persuada son ami. Efim réfléchit, réfléchit, et le lendemain matin il vint trouver Elisée :

— Eh bien ! soit, partons ! fit-il. Tu dis la vérité. Dieu est le maître de notre vie et de notre mort. Puisque nous sommes encore vivants et que nous avons des forces, il faut partir.

Dans la semaine qui suivit, les vieillards firent leurs préparatifs. Tarassitch avait de l’argent chez lui. Il prit pour lui cent roubles et en laissa deux cents à sa vieille.

Elisée, lui, vendit à son voisin dix ruches avec les essaims à naître ; il en tira soixante-dix roubles. Les trente qui manquaient, il se les procura par petites sommes chez tous les siens. Sa vieille lui donna ses derniers écus, qu’elle conservait pour son enterrement. Sa bru lui donna les siens.

Efim Tarassitch trace d’avance à son fils aîné tout