Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/247

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VIII

Toute cette journée qu’Elisée passa dans l’izba près des gens malades, Efim attendit son compagnon. Il fit halte tout près du village, attendit, attendit, dormit un moment, se réveilla, demeura assis encore un peu, et ne le vit point venir. Il se fatiguait les yeux à regarder. Déjà le soleil disparaissait derrière les arbres, et Elisée ne paraissait pas. « Il a peut-être passé devant moi, à pied ou en charrette, pendant que je dormais, et ne m’aura point remarqué, pensait-il. Mais non, ce n’est pas possible, on voit loin dans la steppe… Je vais revenir sur mes pas… Mais nous pourrions nous manquer, et ce serait pire… Je vais m’en aller en avant, nous nous rencontrerons à la première nuitée. »

Il arriva dans un village, et pria le garde champêtre, s’il voyait venir un petit vieillard de telle et