Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/258

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petite fille en chemise blanche sortit d’une izba et courut vers lui :

— Petit grand-père ! petit vieillard ! Viens chez nous !

Efim poursuivit son chemin, mais la fillette l’appela de nouveau, le saisit par la manche et l’entraîna en riant vers l’izba. Une femme et un petit garçon parurent sur le seuil et, de la main, lui firent signe de venir.

— Viens, petit vieillard, viens souper et passer la nuit.

Efim se rendit à leur invitation. « À propos, pensa-t-il, je m’informerai d’Elisée. M’est avis que c’est précisément l’izba où, l’an passé, il alla demander à boire. »

Efim entra. La femme le débarrassa de son sac, lui donna de quoi se débarbouiller et le fit asseoir à table. On lui donna du lait, de la galette, du gruau. Tarassitch remercia et loua les gens de l’izba de leur hospitalité envers les pèlerins. La femme hocha la tête.

— Comment ne leur ferions-nous pas bon accueil ? dit-elle. C’est d’un pèlerin que nous avons appris ce que c’est que la vie. Nous vivions, nous avions oublié Dieu, et Dieu nous punit ; et nous attendions la mort. Oui, au printemps dernier, nous étions arrivés à un tel point que nous étions tous couchés, sans avoir rien à manger, et malades. Et nous serions morts si Dieu ne nous avait envoyé un petit