Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/273

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« Comme je suis sot de guetter ainsi, pensait Avdieitch se raillant lui même. C’est Stépanitch qui déblaye la neige, et moi je crois que c’est le Christ qui vient me voir. Je divague, vieil imbécile que je suis. »

Cependant, après qu’il eut tiré l’aiguille une dizaine de fois, de nouveau il regarda par la fenêtre. Il vit Stépanitch qui, ayant appuyé sa pelle contre le mur, se reposait et se réchauffait.

« Il est vieux, ce pauvre homme, pensa Avdieitch. On voit qu’il n’a même plus la force de déblayer la neige. Il faudrait peut-être lui donner du thé, j’ai justement mon samovar qui va s’éteindre. »

Il piqua son alène sur l’établi, se leva, posa le samovar sur la table, versa de l’eau dans la théière et frappa à la fenêtre. Stépanitch se retourna et s’approcha. Avdieitch lui fit un signe et alla ouvrir la porte.

— Entre et réchauffe-toi, lui dit-il ; tu dois avoir froid.

— Que le Christ te sauve ! Oui ; c’est vrai, les os me font mal, répondit Stépanitch.

Stépanitch entra, secoua la neige, essuya ses pieds de peur de salir la chambre, et chancela sur ses jambes.

— Ne te donne pas la peine d’essuyer tes pieds, je nettoierai, cela ne fait rien. Viens donc t’asseoir et prendre un peu de thé, dit Avdieitch.

Il remplit deux verres et en poussa un vers son