Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/293

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II

LES PETITES FILLES PLUS SAGES QUE LES VIEUX


La semaine sainte, cette année-là, tombait de très bonne heure. À peine avait-on cessé de circuler en traîneau, la neige couvrait encore les cours, et dans la campagne les ruisseaux couraient. Dans une ruelle, une grande mare s’était formée, entre deux cours, près du fumier. Deux fillettes, de deux maisons différentes, se rencontrèrent sur le bord de cette mare : l’une petite, l’autre plus âgée. Elles avaient des robes neuves, celle de la petite était bleue, celle de la grande, jaune, à ramages. Toutes les deux avaient un foulard noué sur la tête. Au sortir de la messe, elles avaient couru à la mare, et après avoir fait admirer leurs robes, s’étaient mises à jouer. Elles voulaient s’amuser à faire jaillir l’eau. Comme la plus petite allait entrer dans