Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/299

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malades, d’infirmes, on peut soulager ! Nous secourons les malheureux, mais nous pouvons peu, car nos ressources sont minimes, tandis qu’avec cet or, nous pourrions faire beaucoup de bien aux hommes. »

Telles furent les pensées d’Athanase. Il voulut les communiquer à son frère, mais Jean était déjà hors de la portée de la voix ; il ne le voyait pas plus gros qu’un insecte sur l’autre versant.

Athanase, ôtant alors ses habits, y mit tout l’or qu’il put emporter, le chargea sur son épaule et s’en fut à la ville. Il entra dans une auberge, confia cet or à l’aubergiste et repartit chercher le reste. Quand il eut apporté tout l’or, il se rendit chez un marchand, acheta du terrain dans la ville, de la pierre, du bois, embaucha des ouvriers, et se mit à construire trois maisons.

Athanase demeura ainsi trois mois à la ville, il construisit trois maisons : un asile pour les veuves et les orphelins, un hospice pour les malades et les indigents, un refuge pour les pèlerins et les mendiants. Puis il trouva trois vénérables vieillards : à l’un il confia l’asile, à l’autre l’hospice, au troisième le refuge ; et comme il lui restait encore trois mille pièces d’or, il en donna mille à chacun des vieillards pour être distribuées aux pauvres.

Les trois constructions furent bientôt remplies de gens qui louaient Athanase et le remerciaient de ce qu’il avait fait. Il en éprouvait une telle joie qu’il ne pouvait se résoudre à quitter la ville. Mais