Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/312

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Ce qu’amassait le mari, la femme le gaspillait, et on était toujours sans argent.

Un jour que Simon se rendait dans sa terre pour toucher ses revenus, son intendant lui dit : « Il n’y a rien à toucher. Nous n’avons ni bétail, ni outils, ni chevaux, ni vaches, ni charrue, ni herse ; il faut acheter tout, et alors il y aura des revenus. » Et Simon le Guerrier alla chez son père.

— Toi, mon père, tu es riche, dit-il, et tu ne m’as rien donné. Donne-moi le tiers qui me revient. Je m’en servirai pour mes terres.

Le vieux répondit :

— Tu n’as rien rapporté à la maison, pourquoi te donnerais-je le tiers ? Ce serait frustrer Ivan et la fille.

Simon reprit :

— Lui est imbécile, et elle est muette. De quoi ont-ils besoin ?

Le vieux répondit :

— Eh bien ! Ce sera comme Ivan voudra.

Et Ivan dit :

— Soit ! Qu’il prenne sa part.

Simon le Guerrier entra en possession de son patrimoine, l’employa à son domaine, et s’en retourna servir le tzar.

Tarass le Ventru gagna aussi beaucoup d’argent. Il épousa la fille d’un marchand. Mais il était toujours gêné. Il vint trouver son père et dit :

— Donne-moi ma part.