Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/322

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porterai du pain. J’y mettrai huit jours s’il le faut, mais je ne m’en irai pas avant d’avoir tout fauché. »

Le diablotin l’entendit et pensa : « Il est têtu, cet Imbécile. On n’en viendra pas aisément à bout. Il faut trouver autre chose. »

Ivan aiguisa sa faux et se remit à faucher. Le diablotin, se glissant dans l’herbe, empoignait l’extrémité de la faux pour l’enfoncer dans la terre. Ivan se donna beaucoup de mal, mais il acheva quand même la fenaison. Il n’en restait plus à faucher qu’une petite parcelle, au bord du marécage. Le diablotin plongea dans le marécage en disant : « Qu’il me coupe toutes les pattes, mais cette fois je ne le laisserai pas faire ! » Ivan se dirigea vers le marécage. L’herbe y était rare, et cependant il ne pouvait manier sa faux. Il se fâcha, et lança la faux de toutes ses forces. Le diablotin eut à peine le temps d’éviter le coup.

Décidément, ça n’allait pas.

Il se cacha sous un arbrisseau.

Ivan, lançant de nouveau la faux, atteignit l’arbuste, et coupa au diablotin la moitié de sa queue. Il acheva la fenaison, ordonna à la fille de rassembler le foin, et s’en alla de son côté couper les seigles.

Il arrive et trouve les tiges de seigles tout emmêlées. Le diablotin avait passé par là. Ivan revint chez lui, prit une faucille au lieu de la faux inutile, et se mit à couper. Il coupa ainsi tout le seigle.