Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/402

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Pakhom resta étonné :

— Mais dans une journée on peut faire le tour de beaucoup de terre ?

Le chef se mit à rire.

— Tout sera à toi, mais à une condition : si tu ne reviens pas à ton point départ dans la journée, ton argent sera perdu.

— Et comment marquer partout où je passerai ? fit Pakhom.

— Nous nous mettrons à la place que tu désigneras. Nous y resterons ; toi tu partiras faire le tour ; tu emporteras une pelle, et tu creuseras des trous dans lesquels tu enfonceras des jalons. Tu peux faire un tour aussi grand que tu voudras, seulement avant le coucher du soleil sois revenu à ton point de départ. Tout ce que tu délimiteras sera à toi.

Pakhom jubilait. On décida que ce serait pour le lendemain matin, dès l’aube. Il causèrent encore un peu, burent du koumiss, mangèrent du mouton, et reprirent du thé. On fit coucher Pakhom sur un lit de plume, puis les Baschkirs se retirèrent en promettant de se réunir le lendemain avant l’aurore, et de se rendre au lieu choisi avant le lever du soleil.