Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/401

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— Je vous remercie de vos bonnes paroles. Vous avez beaucoup de terre ; il ne m’en faut pas beaucoup à moi… Seulement il faudrait savoir quel morceau sera à moi, le délimiter, et faire un écrit. Car nous sommes tous mortels. Vous êtes de braves gens, vous donnez la terre, mais vos enfants pourraient la reprendre.

Le chef se met à rire :

— Soit, dit-il… Tout sera fait régulièrement.

— J’ai entendu dire, reprit Pakhom, qu’à un marchand venu chez vous, vous avez donné aussi de la terre, et que vous avez passé un acte ; alors vous pourriez m’en passer un aussi.

Le chef comprit tout.

— C’est entendu dit-il ; nous avons un scribe. Nous irons à la ville dresser l’acte et y faire mettre les sceaux nécessaire.

— Et quel sera le prix ? demanda Pakhom.

— Nous n’avons qu’un prix : mille roubles pour une journée.

Pakhom ne comprit pas quelle mesure était la journée.

— Combien cela fera-t-il de déciatines ? demanda-t-il.

— Nous ne le savons pas exactement. Mais nous vendons une journée de terre : tout le terrain dont tu pourras faire le tour en une journée t’appartiendra. Et le prix de la journée est de mille roubles.