Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/408

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dîner lui avait rendu des forces. Mais il faisait très chaud, et le sommeil le gagnait. Pakhom se sentait harassé. Mais il pensait : « Bah ! une heure à souffrir, un siècle à jouir. »

Pakhom marche encore longtemps du même côté. Il allait tourner à gauche lorsqu’il aperçut une fraîche ravine. « C’est dommage de la laisser en dehors, pensa-t-il, il poussera ici du bon lin. » Il continua donc à aller tout droit ; engloba aussi le ravin, y planta un jalon, et fit un second détour. Il se retourna vers la colline. À peine y distinguait-on les gens. « Eh ! pensa-t-il, j’ai trop allongé les deux premiers côtés, il faut faire celui-ci plus court. »

Il longea le troisième côté en pressant le pas. Il regarde le soleil, il est proche de son déclin, et il n’a fait que deux verstes sur le troisième côté, tandis que le but est encore à une quinzaine de verstes. « Ma terre ne sera pas régulière, pensa-t-il, mais il faut aller droit au but. Il y a déjà assez de terre comme ça ». Et Pakhom creusa vivement un trou et tourna droit vers la colline.