Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/409

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



IX

Pakhom marche droit vers la colline. Il se sent très las. Ses pieds lui font mal ; il les a tout meurtris ; il sent qu’il est à bout. Il voudrait se reposer, mais il ne le doit pas : il n’atteindrait pas le but avant le coucher du soleil. Le soleil n’attend pas. Il descend, descend. « Hélas ! pense Pakhom, je me suis peut-être trompé ; j’ai dû faire un tour trop grand. Que deviendrai-je, si je n’arrive pas à temps ? »

Il regarde tantôt la colline tantôt le soleil. C’est encore loin, jusqu’au but, et le soleil est à son déclin. Pakhom se met à courir. Ses pieds sont à vif, mais il court toujours. Il court, il court, mais il est encore loin. Il jette sa tunique, ses bottes, sa bouteille, son bonnet ; il ne garde que la pelle, sur laquelle il s’appuie : « Ah ! pense-t-il, j’ai été trop gourmand, j’ai tout perdu. Je ne pourrai jamais arriver avant le coucher du soleil ! »