Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/415

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Le pauvre paysan s’en revint à la maison, attela et se rendit à la ville, chez le marchand. Il laissa le cheval dans la cour. Le marchand vint lui-même au devant de lui.

— Que veux-tu ? dit-il.

— Mais, monsieur le marchand, voilà ! Dieu m’a donné un enfant pour que je le soigne dans son enfance, et que lui console ma vieillesse et prie pour mon âme après ma mort !… Sois bon, laisse venir ta fille pour être sa marraine.

— Quand se fera le baptême ?

— Demain matin.

— C’est bien. Dieu t’accompagne. Demain, à la messe, elle viendra.

Le lendemain, la marraine arriva, le parrain aussi ; l’enfant fut baptisé.

Aussitôt la cérémonie terminée, le parrain sortit, sans même qu’on pût savoir qui il était. Et on ne le revit point.