Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/414

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aussi. Il fait le tour du village, mais personne ne veut accepter d’être parrain.

Le paysan se rend au village voisin. Sur la route il rencontre un passant. Le passant s’arrête et lui dit :

— Bonjour, paysan. Où Dieu conduit-il tes pas ?

Le paysan répondit :

— Dieu m’a donné un enfant, pour que je le soigne dans son enfance, et que lui console ma vieillesse et prie pour mon âme après ma mort. Je suis si pauvre que personne de notre village n’a voulu accepter d’être parrain.

— Prends-moi pour parrain, dit alors le passant.

Le paysan tout heureux remercia le passant et dit :

— Et qui prendrai-je pour marraine ?

— Pour marraine, répondit le passant, demande la fille du marchand. Va dans la ville, sur la place, tu verras une maison avec des boutiques ; au seuil de la maison demande au marchand de te donner sa fille pour marraine.

Le paysan hésitait. Il dit enfin :

— Mais, compère, comment demander cela à un marchand, à un riche ? Il refusera ; il ne voudra pas laisser venir sa fille.

— Ne t’inquiète pas de cela. Va et demande. Demain matin, sois prêt ; je viendrai pour le baptême.