Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/441

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XI

Une nuit, il arrosa ses tisons, revint dans son ermitage pour se reposer et se mit à regarder les sentiers par lesquels venaient d’habitude les gens. Ce jour-là personne ne vint. Le filleul resta seul jusqu’au soir ; il s’ennuyait et se mit à réfléchir sur sa vie. Il se rappela que le brigand lui avait reproché de ne se nourrir que de piété. Et il resta songeur, se remémorant sa vie passée :

« Ce n’est pas de cette façon que le vieillard m’avait ordonné de vivre. Le vieillard m’a donné une pénitence, et moi j’en retire du pain et de la gloire. Et cela me plaît tant, que je m’ennuie quand les gens ne viennent pas chez moi. Et quand ils viennent, mon seul plaisir c’est de les entendre vanter ma sainteté. Ce n’est pas ainsi qu’il faut vivre. Je me suis laissé enivrer par les louanges. Je n’ai pas racheté des péchés ; j’en ai endossé de