Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/442

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nouveaux. Je m’en irai ailleurs, dans la forêt, pour que personne ne me trouve ; et là je vivrai seul, à racheter les péchés anciens, et n’en assumerai point de nouveaux. »

Ayant ainsi pensé, le filleul prit un petit sac de croûtons, une pioche, et quitta l’ermitage, pour se creuser ailleurs un abri et se cacher des hommes.

Comme il marchait avec le petit sac et la pioche, le filleul rencontra le brigand. Le filleul pris de peur voulut s’en aller, mais le brigand le rejoignit.

— Où vas-tu ? lui dit-il.

Le filleul lui répondit qu’il voulait fuir les gens et aller dans un endroit où personne ne vînt le trouver.

Le brigand s’étonna :

— Mais si les gens ne te visitent plus, de quoi vivras-tu alors ? demanda-t-il.

Le filleul n’y avait pas pensé auparavant. Cette question du brigand le força d’y songer.

— Mais, de ce que Dieu m’enverra, répondit-il.

Le brigand ne répondit rien et s’en alla.

Soudain le filleul pensa : « Pourquoi ne lui ai-je rien dit de son genre de vie ? Peut-être se repentirait-il maintenant ; il me paraît plus doux et ne menace pas de me tuer. «

Et de loin le filleul cria au brigand :

— N’oublie pas de te repentir ; tu n’éviteras pas la vengeance divine.

Le brigand fit faire volte face à sa monture, tira