Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/449

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Et le filleul se rappela que les paysans avaient courbé la jante seulement après avoir fixé le support. Quant à lui, il cessa de craindre la mort, il fixa sa vie en Dieu, et le cœur indompté du brigand se soumit.

— Et mon cœur s’est amolli tout à fait, dit encore le brigand, seulement quand tu as eu pitié de moi et que tu as pleuré devant moi.

Le filleul est heureux. Avec le brigand il se rend à l’endroit où se trouvaient les tisons. Ils s’approchent : il n’y a plus de tison ; un troisième pommier a poussé.

Alors le filleul se rappela que les bergers n’avaient enflammé le bois humide qu’après avoir allumé un grand feu. Son cceur à lui, s’était enflammé, et avait embrasé un autre cœur.

Et le filleul se réjouit d’avoir racheté tous ses péchés. Il dit tout cela au brigand et mourut. Le brigand l’enterra, se mit à vivre comme le lui avait appris le filleul, instruisant les gens à son tour.