Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/62

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le soleil, et voilà : tout est vanité et tourment d’esprit… J’ai parlé en mon cœur et j’ai dit : « Voici, j’ai grandi et accru en sagesse par-dessus tous ceux qui ont été avant moi à Jérusalem, et mon cœur a vu beaucoup de sagesse et de science, et j’ai appliqué mon cœur à connaître la sagesse, et à connaître les erreurs et la folie ; mais j’ai connu que cela aussi était un tourment d’esprit ; car où il y a abondance de science, il y a abondance de chagrin : et celui qui s’accroît dans la science s’accroît dans la douleur.

« J’ai dit en mon cœur : Allons, que je t’éprouve maintenant par la joie, et jouis du bien ; mais voilà, cela aussi est une vanité. J’ai dit touchant le ris : Il est insensé ; et touchant la joie : de quoi sert-elle ? J’ai cherché en mon cœur le moyen de me traiter délicatement, et que cependant mon cœur s’appliquât à la sagesse et comprît ce que c’est que la folie, jusqu’à ce que je visse ce qu’il est bon aux hommes de faire sous les deux, pendant les jours de leur vie. Je me suis fait des choses magnifiques ; je me suis bâti des maisons ; je me suis planté des vignes ; je me suis fait des jardins et des vergers, et j’y ai planté toutes sortes d’arbres fruitiers ; je me suis fait des réservoirs d’eau pour en arroser le parc planté d’arbres ; j’ai acquis des serviteurs et des servantes, et j’ai eu des serviteurs nés en ma maison, et j’ai eu plus de gros et de menu bétail que tous ceux qui ont été avant moi à Jérusalem ; je me