Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/134

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XXII

CAUSERIE INTIME AVEC MON AMI


Cette conversation se passait dans le phaéton, sur la route de Kountzovo. Dmitri m’avait déconseillé de faire visite à sa mère le matin et il était venu me chercher après le dîner pour m’emmener chez lui pour toute la soirée et même pour coucher à la campagne où habitait sa famille. Quand, sortis de la ville, les rues sales et bariolées, le bruit insupportable, assourdissant du pavé eurent fait place à la vaste campagne, au grincement léger des roues sur la route poudreuse et que l’air parfumé du printemps et le large espace m’environnèrent de tous côtés, seulement alors je me remis un peu des diverses impressions neuves qui, pendant ces deux jours, m’avaient entièrement troublé. Dmitri était très doux, très sociable, il ne corrigeait pas sa cravate d’un mouvement de tête, ne clignait pas nerveusement des yeux ; j’étais content de