Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/142

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XXIII

LES NEKHLUDOV


Au premier moment, de toute cette société, la personne qui me frappa le plus fut Lubov Sergueievna, qui, avec son petit bichon dans les bras, en gros chaussons tricotés, derrière tout le monde, montait l’escalier, et deux fois, en s’arrêtant, me regarda attentivement, puis aussitôt après, embrassa son bichon.

Elle était très laide : rousse, maigre, de petite taille, un peu de travers. Ce qui enlaidissait encore son laid visage, c’était une coiffure bizarre, avec une raie de côté (une de ces coiffures qu’inventent les femmes chauves). Malgré mon désir de faire plaisir à mon ami, je ne pouvais trouver en elle aucun trait de joli. Même ses yeux bruns, bien qu’ils exprimassent la bonhomie, étaient trop petits, ternes, et vraiment laids ; même les mains, si caractéristiques, bien que pas grandes