Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/147

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nuyeux pour vous de ne commencer à écouter qu’au milieu d’une lecture, — me dit Sophie Ivanovna avec son soupir bienveillant, en retournant les morceaux de la robe qu’elle cousait.

La lecture était interrompue à ce moment, parce que Dmitri était sorti de la chambre.

Ou peut-être avez-vous déjà lu « Rob Roy ? » À cette époque, par cela seul que je portais l’uniforme d’étudiant, je croyais de mon devoir de répondre avec esprit et originalité aux questions, même les plus simples, des personnes que je connaissais peu, et je considérais comme la plus honteuse, une réponse courte et précise, par exemple : oui, non, ennuyeux, gai, etc. En jetant un coup d’œil sur mes nouveaux pantalons à la mode et sur les boutons brillants de ma tunique, je répondis que je n’avais pas lu « Rob-Roy » mais que j’avais écouté avec grand intérêt, parce que je préférais lire les livres au milieu qu’au commencement. — C’est doublement intéressant : on devine ce qui était et ce qui sera — ajoutai-je avec un sourire satisfait.

La princesse rit d’un rire qui n’était pas naturel (j’ai remarqué depuis qu’elle n’avait pas d’autre rire).

— Cependant, ce doit être vrai — dit-elle. — Eh bien ! Restez-vous longtemps ici, Nicolas ? Vous ne vous offensez pas que je ne vous appelle pas monsieur. Quand partez vous ?