Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/149

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découvert dans la pauvre tante, (c’est ainsi qu’on appelait chez eux Lubov Sergueievna), que je connais depuis vingt ans avec sa Suzetka, des qualités que je ne lui soupçonnais même pas… Varia, dis qu’on m’apporte un verre d’eau — ajouta-t-elle, en regardant de nouveau dans le lointain, trouvant probablement qu’il était encore trop tôt, ou tout à fait inutile de m’initier aux affaires de la famille. — Ou mieux, il ira ; il ne fait rien, et toi tu lis. Mon ami, allez, et tout droit après la porte, en faisant quinze pas, arrrêtez-vous et dites à haute voix : « Piotre, apporte à Maria Ivanovna un verre d’eau et de la glace,» — me dit-elle, riant de nouveau de son rire forcé. « Elle veut probablement parler de moi » — pensai-je en sortant de la chambre. — « Elle veut dire sans doute qu’elle a remarqué que je suis un jeune homme très intelligent. » Je n’avais pas encore fait quinze pas, que la grosse essoufflée Sophie Ivanovna, cependant à pas rapides et légers, me rejoignit : — Merci, mon cher — dit-elle ; — je vais moi-même là-bas, alors je le dirai.