Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/172

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XXVII

DMITRI


Quand, après la promenade, nous retournâmes à la maison, Varenka ne voulut pas chanter comme elle le faisait d’ordinaire le soir, et moi j’eus la vanité de croire que ce que je lui avais dit sur le petit pont en était cause. Les Nekhludov ne soupaient pas et se couchaient très tôt, et comme ce jour-là, Dmitri, suivant la prédiction de Sophie Ivanovna, avait en effet mal aux dents, nous allâmes dans sa chambre encore plus tôt qu’à l’ordinaire. Croyant avoir fait tout ce que demandaient de moi mon col bleu et mes boutons, et pensant avoir beaucoup plu à tous, j’étais très content de moi, et Dmitri, au contraire, à cause de la discussion et du mal de dents, était taciturne et sombre. Il s’assit près de la table, tira ses cahiers — le journal et le cahier sur lesquels il avait l’habitude d’écrire chaque soir ses occupations futures et passées, — et en fronçant sans cesse les sourcils et