Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/173

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


en portant sa main vers sa joue, il écrivit assez longtemps.

— Ah ! laissez-moi tranquille ! — cria-t-il à la femme de chambre venue de la part de Sophie Ivanovna pour lui demander comment allaient ses dents et s’il ne voulait pas faire de cataplasmes ? Puis, après avoir dit qu’on me ferait tout de suite un lit et qu’il allait revenir à l’instant, il alla chez Lubov Sergueievna.

« Comme c’est dommage que Varenka ne soit pas jolie et qu’en général, elle ne soit pas Sonitchka » — rêvai-je, resté seul dans la chambre ; — comme ce serait bien, en sortant de l’Université, de venir chez eux et de demander sa main. Je dirais : « Princesse, je ne suis plus jeune, je ne puis aimer passionnément, mais je vous aimerai toujours comme ma chère sœur ; et vous — dirais-je à la mère — je vous estime déjà ; et vous Sophie Ivanovna, croyez que je vous apprécie beaucoup. Alors dites-moi tout simplement et franchement, voulez-vous être ma femme ? — Oui, — Elle me donnera sa main. Je la serrerai et dirai : « Mon amour n’est pas en paroles, mais en actes ». « Et si — me venait-il en tête — si Dmitri s’éprenait tout à coup de Lubotchka — Lubotchka est amoureuse de lui — et voulait l’épouser ? Alors l’un de nous ne pourrait pas se marier [1]. Alors, ce serait

  1. La religion orthodoxe ne permet pas le mariage entre beaux-frères.