Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/184

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Je ne suis plus votre diatka [1], mais votre ami, du moins je veux être votre ami, votre camarade, votre conseiller si je le puis, et rien de plus. Comment trouves-tu cela avec ta philosophie, Coco ? Hein ! Bien ou mal, hein ?

Sans doute, je déclarai cela admirable, et en effet, je le trouvais tel. Papa ce jour-là avait une expression particulièrement attrayante, gaie, heureuse ; ses nouvelles relations avec moi, comme avec un égal, comme avec un camarade, me le faisaient aimer encore plus.

— Eh bien ! Raconte-moi ; as-tu été chez tous les parents ? Chez les Ivine ? As-tu vu le père ? Que t’a-t-il dit ? — m’interrogea-t-il. — As-tu été chez le prince Ivan Ivanovitch ?

Et nous causâmes si longtemps sans nous habiller que le soleil s’en allait déjà des fenêtres du divan et Iakov (qui était toujours le même vieillard, qui sans cesse agitait ses doigts derrière son dos et disait toujours : « quand même ») entra dans notre chambre et annonça à papa que la voiture était prête.

— Où vas-tu, papa ? — demandai-je.

— Ah ! j’ai tout à fait oublié, fit papa avec un mouvement de dépit et en toussottant. J’ai promis aux Epifanov d’être chez eux aujourd’hui. Tu te rappelles mademoiselle Epifanov, la belle Flamande ? Elle fréquentait votre maman. Ce sont

  1. Domestique serf ou libre chargé près des enfants du rôle de sous-gouverneur