Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/206

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XXXII

LA JEUNESSE


Malgré l’embrouillement des conceptions qui cet été se heurtèrent dans ma tête, j’étais jeune, innocent, libre et, par suite, presque heureux.

Parfois, même assez souvent, je me levais de bonne heure (Je dormais à l’air libre sur la terrasse et les rayons obliques et clairs du soleil du matin m’éveillaient), je m’habillais vivement, je prenais ma serviette sur mon bras, un roman français et j’allais, à une demi-verste de la maison, me baigner dans la rivière, à l’ombre des bouleaux. Là-bas je m’allongeais sur l’herbe, à l’ombre, et je lisais, ne levant que rarement les yeux du livre pour regarder la surface de la rivière violacée à l’ombre, et qui commençait à se moirer au souffle du vent du matin ; je regardais le champ d’orge jaunissante, qui s’étendait de l’autre côté de la rive ; la lumière matinale des rayons rouge