Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/216

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XXXIII

LES VOISINS


J’avais été très étonné de ce que le premier jour de notre arrivée, papa eût appelé nos voisins, les Epifanov, de braves gens, et j’étais encore plus étonné de ce qu’il les fréquentât. Entre nous et les Epifanov, un litige à propos d’une terre existait depuis longtemps. Encore enfant, j’avais entendu maintes fois, comment papa se fâchait à propos de ce différend, injuriait les Epifanov et appelait diverses personnes, pour, comme je le comprenais alors, se défendre d’eux. J’avais entendu Iakov les appeler nos ennemis, des gens noirs, et je me rappelle que maman demanda, que dans sa maison et devant elle, le nom même de ces gens ne fût pas prononcé…

Par ces faits, dans mon enfance, je me représentais vivement et clairement que les Epifanov étaient des adversaires prêts à étouffer ou à étrangler non