Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/232

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Et Volodia rit.

— Pas possible, — dis-je avec étonnement.

— Mais surtout, — continua sérieusement Volodia, et tout à coup, parlant français, — comme ce mariage sera agréable à toute notre parenté ! Et sûrement elle aura des enfants.

Le bon sens et la prédiction de Volodia me frappèrent tant que je ne sus que répondre.

À ce moment, Lubotchka s’approcha de nous.

— Alors, vous savez ? — demanda-t-elle avec un visage rayonnant.

— Oui, — dit Volodia. — Mais tu m’étonnes, Lubotchka. Tu n’es plus une enfant au maillot, quelle joie peux-tu avoir de ce que papa épouse une traînée quelconque ?

Lubotchka prit tout à coup une physionomie sérieuse et pensive.

— Volodia, pourquoi une traînée ? Comment oses-tu parler ainsi d’Avdotia Vassilievna ? Si papa se marie avec elle, alors ce n’est pas une traînée.

— Oui, pas une traînée, je le dis comme ça, mais quand même…

— Non, il n’y a pas de quand même, — interrompit Lubotchka en s’échauffant, — je n’ai pas dit que c’est une traînée, cette demoiselle dont tu étais amoureux ! Comment donc peux-tu parler ainsi de papa et d’une femme admirable ? Bien que tu sois le frère aîné, ne parle pas ainsi, tu n’en as pas le droit.