Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/233

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— Mais pourquoi ne peut-on pas raisonner sur…

— On ne peut pas raisonner, — interrompit de nouveau Lubotchka, — on ne peut pas raisonner sur un père tel que le nôtre. Mimi peut raisonner, mais pas toi, le frère aîné.

— Non, tu ne comprends encore rien, — dit Volodia avec mépris. — Comprends donc, est-ce que ce sera bien qu’une Epifanov, Dounitchka, remplace pour toi défunte maman ?

Lubotchka se tut un moment, et tout à coup des larmes parurent dans ses yeux.

— Je te savais orgueilleux, mais je ne te croyais pas si méchant, — fit-elle en s’éloignant de nous.

Dans le pain, — dit Volodia en faisant une mine sérieuse et en clignant des yeux. — Voilà, va donc raisonner avec elle ! — continua-t-il, comme se reprochant de s’être oublié jusqu’à causer avec Lubotchka.

Le lendemain, le temps était très mauvais, et ni papa ni les dames n’étaient encore sortis prendre le thé quand je descendis au salon. Pendant la nuit, une petite pluie froide d’automne était tombée, au ciel couraient les derniers nuages qui s’étaient épuisés pendant la nuit, et au travers desquels brillait faiblement le soleil, déjà assez haut. Il faisait un vent humide. La porte du jardin était ouverte ; sur le parquet noir et mouillé de la terrasse séchaient les flaques de pluie de la nuit. Le vent faisait trembler la porte ouverte autour du