Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/283

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De plus, j’avais déjà beaucoup de connaissances, et souvent, je trouvais l’Université très gaie. J’aimais ce bruit, ce brouhaha, ces rires, dans l’auditoire. Pendant les cours, assis sur les derniers gradins, avec l’accompagnement des sons réguliers de la voix du professeur, j’aimais à rêver à quelque chose et à observer les camarades ; parfois, avec quelques-uns d’entre eux, chez Materne, j’aimais à boire de l’eau-de-vie, à manger, et à entrer dans l’auditoire, après le professeur, en faisant timidement grincer la porte, sachant que pour cela on peut attraper une réprimande. J’aimais à prendre part à quelqu’un de ces bons tours d’étudiant, où nous tous, éclatant de rire, restions dans le couloir. Tout cela était très gai.

Quand tout le monde commença déjà à fréquenter plus assidûment les cours, le professeur de physique termina ses conférences et fit ses adieux avant l’examen. Les étudiants se mirent alors à rassembler leurs cahiers et à se préparer par groupes. Je pensai alors que je devais aussi me préparer. Operov, avec lequel je continuais à échanger des saluts mais qui était avec moi en termes assez froids, comme je l’ai dit, non seulement me proposa ses cahiers, mais m’invita même à me préparer avec lui et d’autres étudiants. J’y consentis et le remerciai, espérant effacer complètement, par cet honneur, mon ancienne discorde avec lui, mais j’insistai pour que tous vinssent