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XLIV

ZOUKHINE ET SEMENOV


Je ne sais pas à quelle classe appartenait Zoukhine, mais je sais qu’il avait été au lycée de S…, qu’il était sans fortune et n’appartenait pas, je crois, à la noblesse. À cette époque, il avait dix-huit ans, mais il en paraissait bien davantage. Il était très spirituel et surtout comprenait très facilement : il lui était plus facile d’embrasser d’un coup d’œil un sujet très compliqué, d’en voir tous les détails et les conclusions, que de juger les lois d’après lesquelles on tire des conclusions. Il se savait intelligent, il en était fier, et grâce à cette fierté, dans ses relations avec tout le monde, il montrait la même simplicité, la même bonhomie. La vie, probablement, l’avait beaucoup éprouvé. Sa nature enthousiaste, impressionnable, déjà avait réussi à refléter l’amour, l’amitié, les affections,