Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/316

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saluant et en piétinant sur place — avec les morceaux de chêne qui sont jetés dans l’enclos, qui vous sont inutiles, je changerai les poutres, je couperai et je ferai quelque chose de la vieille charpente.

— Comment donc ? Du vieux bois ? Tu dis toi-même que tout, chez toi, est vieux et pourri ; aujourd’hui ce coin est tombé, demain ce sera un autre, après-demain le troisième ; alors, s’il y a quelque chose à faire c’est de construire tout à neuf, pour que le travail ne soit pas perdu. Dis-moi, penses-tu que tes hangars pourront encore résister cet hiver ou non ?

— Et qui le sait ?

— Mais, qu’en penses-tu ? S’écrouleront-ils ou non ?

Tchouris demeura pensif un instant.

— Tout doit s’écrouler, — fit-il soudain.

— Eh bien ! Tu sais, il valait mieux dire à l’assemblée que tous tes hangars doivent être refaits et non pas demander seulement des étais. Je suis très heureux de t’aider…

— Nous sommes très touchés de votre bienveillance — répondit Tchouris avec méfiance et sans regarder le maître. — J’aurais assez de quatre poutres et des étais ; alors, je pourrais peut-être m’arranger moi-même, et ce qu’on pourra utiliser du vieux bois, eh bien ! je l’emploierai pour soutenir l’izba.

— Ah ! est-ce que ton izba est mauvaise aussi ?