Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/32

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passât le kvass [1], et je cédais à Saint-Jérôme qui me corrigeait une phrase prononcée pendant le dîner, en faisant remarquer « qu’il vaut mieux dire je puis que je peux ». Cependant je dois avouer qu’il m’était un peu désagréable que personne n’accordât une attention spéciale à ma douceur et à ma vertu. Après le dîner, Lubotchka me montra un papier où étaient inscrits tous ses péchés ; je trouvai que c’était bien, mais qu’il était encore mieux d’inscrire tous ses péchés dans son âme et que « ce n’était pas ça ».

— Pourquoi pas ça ? — demanda Lubotchka.

— Oui, c’est bien aussi ; mais tu ne me comprendras pas. — Et je suis monté chez moi en disant à Saint-Jérôme que je voulais travailler un peu, mais en réalité, afin d’écrire pour moi-même et pour toute ma vie, puisqu’avant la confession il me restait une heure et demie, l’ordre de mes devoirs et de mes occupations, pour exposer sur le papier le but de ma vie et les règles selon lesquelles je devais agir sans m’en écarter jamais.

  1. Boisson fermentée à base de pain ou de pommes