Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/321

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— Oui, les izbas sont bonnes, sèches et chaudes, et moins sujettes aux incendies — fit le seigneur en plissant son jeune visage, et visiblement mécontent de la moquerie du paysan.

— Indiscutablement, votre Excellence, les izbas sont admirables.

— Eh bien ! Alors voilà ; une izba est déjà tout à fait prête, elle a dix archines, une entrée, et ses dépendances. Si tu veux, je te la vendrai à crédit, au prix qu’elle me coûte, tu me rembourseras quand tu le pourras — dit le seigneur avec un sourire joyeux qu’il ne pouvait retenir à la pensée qu’il faisait le bien. — La tienne, la vieille, tu la laisseras — continua-t-il — elle te servira pour construire un magasin de blé, nous transporterons aussi toutes les dépendances. Là-bas, l’eau est très bonne, je te donnerai de la terre pour planter un potager, et tout près de ta maison je te donnerai aussi du terrain dans les trois champs. Tu vivras admirablement ! Eh bien ! cela ne te plaît-il pas ? — demanda Nekhludov en remarquant qu’à son allusion au déménagement, Tchouris se plongeant dans une immobilité complète, regardait la terre, et déjà sans sourire.

— Comme il plaira à Votre Excellence — fit-il sans lever les yeux.

La vieille s’avança comme blessée au vif, et voulut dire quelque chose, son mari la prévint.

— C’est la volonté de Votre Excellence, — ré-