Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/325

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


avec sa mare boueuse, les toits pourris, les petits hangars et les saules blancs crevassés plantés devant la fenêtre, et quelque chose de lourd le rendit triste et honteux.

— Pourquoi donc, Ivan, dimanche dernier, devant le mir, ne m’as-tu pas dit que tu avais besoin d’une izba ? Je ne sais pas maintenant comment t’aider. Je vous ai dit à tous, dans la première assemblée, que je m’installais à la campagne pour vous consacrer ma vie, que j étais prêt à me priver de tout, pourvu que vous fussiez contents et heureux, et je jure devant Dieu que je tiendrai ma parole — dit le jeune seigneur, ne sentant pas que les promesses de telle sorte ne sont pas capables d’exciter la confiance des hommes et surtout des Russes, qui aiment non les paroles, mais les actes et ne sont pas grands amateurs des expressions de sentiments, même des meilleurs.

Mais le bon jeune homme était si heureux du sentiment qu’il éprouvait qu’il ne pouvait pas ne pas l’exprimer.

Tchouris penchait la tête de côté, et ses paupières battant lentement, avec une attention forcée il écoutait son seigneur comme un homme qu’on ne peut pas se dispenser d’écouter, bien qu’il ne dise point des choses tout à fait justes et pouvant intéresser en quoi que ce soit.

— Mais je ne puis donner à tous ce qu’ils me demandent ; Si je ne refusais à aucun de ceux qui me