Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/332

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



V


— Oui, je voulais encore te demander — reprit Nekhludov — pourquoi, chez toi, le fumier n’est-il pas enlevé ?

— Eh ! quel fumier chez moi, petit père Votre Excellence ? Il n’y a rien à enlever. Et quel bétail ? une petite jument et son poulain, le petit veau, je l’ai donné au garde, cet automne, voilà tout mon bétail.

— Comment donc, tu as si peu de bétail, et encore tu as donné le petit veau ? — demanda le seigneur étonné.

— Et avec quoi le nourrir ?

— N’aurais-tu pas assez de paille pour nourrir une vache ? Les autres en ont bien assez.

— Chez les autres, les terres sont à fumier, et ma terre n’a que de l’argile, on ne peut rien faire.

— Alors, précisément, mets-la sous le fumier, pour qu’il n’y ait pas que de l’argile. La terre te