Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/337

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



VI


« Ukhvanka-Moudrennï veut vendre un cheval, » lut Nekhludov dans son carnet, et il traversa la rue vers la cour d’Ukhvanka-Moudrennï. L’izba d’Ukhvanka était soigneusement couverte de paille prise dans l’enclos du seigneur, et était faite de bois de tremble neuf, gris-clair (venant aussi de chez le seigneur) ; la fenêtre peinte en rouge avait deux volets, le perron était protégé d’un auvent et avait une rampe de bois rustiquement sculptée. Le vestibule et la chambre d’été étaient aussi en bon ordre, mais l’air d’aisance qu’avait ainsi cette izba était un peu gâté par un hangar dressé près de la porte cochère, par l’enclos encore inachevé et par l’auvent découvert qu’on apercevait derrière ce hangar. Au moment même où Nekhludov s’approchait du perron, de l’autre côté s’avançaient deux paysannes portant un baquet d’eau. L’une d’elles était la femme, l’autre la mère d’Ukhvan-