Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/360

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À ce moment, devant la fenêtre, passa la tête d’une paysanne portant de la toile sur une palanche, et un instant après entrait dans l’izba, la mère de Davidka. C’était une femme d’une cinquantaine d’années, très grande, fraîche et vive. Son visage taché de rousseur et sillonné de rides n’était pas joli, mais le nez droit et ferme, les lèvres fines et serrées, les yeux vifs et gris, décelaient l’intelligence et l’énergie. Ses épaules anguleuses, sa poitrine plate, ses mains sèches, les muscles très développés de ses jambes brunes et nues, témoignaient que depuis longtemps elle avait cessé d’être femme et n’était plus qu’une travailleuse. Elle entra vivement dans l’izba, ferma la porte, remonta sa jupe et regarda sévèrement son fils. Nekhludov voulait lui adresser la parole, mais elle se détourna de lui, et se signa en regardant la noire icône de bois qui était derrière le métier.