Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/364

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XI


— Comment, succombé ! — demanda, avec méfiance, Nekhludov.

— Oui, par excès de travail, notre nourricier. Je jure par Dieu qu’elle a succombé. Nous l’avions prise, il y a deux ans, du village Babourino — continua-t-elle, remplaçant tout à coup son expression méchante par une expression pleurnicheuse et triste. — C’était une femme jeune, fraîche, docile. À la maison, chez son père, quand elle était jeune fille elle vivait dans l’aisance et ne connaissait pas la misère, et quand elle est venue chez nous, elle a connu notre travail à la corvée, à la maison, et partout… Sauf elle et moi, il n’y avait pas de travailleurs. Pour moi, ce n’est rien, j’y suis déjà habituée : elle était enceinte, mon père, et commençait à souffrir, et quand même elle travaillait au-dessus de ses forces, et voilà, elle a succombé, la pauvre ! Pendant l’été, le jour de Saint-Pierre,