Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/377

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XIV


« Irai-je à la maison ?» pensa Nekhludov en s’approchant de la porte cochère des Doutlov. Et il sentait une tristesse vague en même temps qu’une certaine fatigue morale.

Mais à ce moment, la porte neuve de la cour s’ouvrit avec bruit et devant lui, un jeune et beau garçon de dix-huit ans, blond et rose, en habit de voiturier, se montra dans la porte. Il conduisait une troïka de chevaux très forts, encore en sueur, et secouant hardiment ses boucles blondes, il salua le maître.

— Eh bien ! Ton père est à la maison, Ilia ? — demanda Nekhludov.

— Il est dans le rucher, derrière la cour, — répondit le jeune homme, en faisant passer ses chevaux, l’un après l’autre, dans la porte ouverte.

« Non, je serai ferme, je lui ferai la proposition, je ferai tout ce qui dépendra de moi, » pensa Nekhludov ; et laissant passer devant lui les chevaux, il