Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/381

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XV


Nekhludov franchit en se courbant la porte basse qui s’ouvrait sur le rucher installé derrière la cour. Le petit espace entouré de paille et de palissades à clairevoie où symétriquement étaient installées les ruches couvertes de planches ; et les abeilles dorées qui bourdonnaient alentour, tout était enveloppé des rayons chauds et brillants du soleil de juin. De la porte un petit sentier battu conduisait à une petite niche en bois, et l’icône qui était dans cette niche étincelait sous le soleil. Quelques jeunes tilleuls haussaient gracieusement leurs sommets rameux au-dessus du toit de chaume de la cour voisine, et l’on entendait à peine le bruissement de leur feuillage vert sombre et frais et le bourdonnement des abeilles qui volaient autour. Toutes les ombres des palissades, des tilleuls et des ruches couvertes de planches tombaient noires et courtes sur l’herbe basse qui croissait çà et là entre les