Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/387

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— Les gens de Kadmino sont allés à Romni avec huit troïkas, et dit-on, ils se sont nourris ; pour chaque troïka ils ont rapporté trente roubles à la maison. On dit aussi qu’à Odessa le fourrage est très bon marché.

— Et précisément, je voulais te parler de cela — dit le maître en s’adressant au vieillard, et désirant amener le plus adroitement la conversation sur la ferme. — Dis-moi, je te prie : est-ce plus avantageux de s’occuper de roulage, que de rester à la maison et s’occuper de labour ?

— Comment, Votre Excellence, n’est-ce pas plus avantageux ? — intervint de nouveau Ilia en secouant sa chevelure. — À la maison, il n’y a pas de quoi nourrir les chevaux.

— Eh bien ! Par exemple, combien gagneras-tu pendant l’été ?

— Mais voilà, depuis le printemps malgré la cherté du fourrage, nous avons transporté des marchandises à Kiev ; en revenant à Koursk de nouveau nous avons chargé les voitures de gruau, à destination de Moscou, nous nous sommes nourris, les chevaux ont toujours été bien soignés et j’ai rapporté quinze roubles à la maison.

— Il n’y a pas de mal à s’occuper de n’importe quel métier honnête, — dit le maître s’adressant de nouveau au vieux — mais il me semble qu’on pourrait trouver une autre occupation ; dans ce métier un garçon rencontre des gens de toutes