Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/39

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


ralement transformé en un homme nouveau. Bien que je fusse désagréablement frappé des vieilles formes de la vie, des mêmes chambres, des mêmes meubles, de ma figure toujours la même (j’aurais voulu que tout à l’extérieur de moi fût changé comme l’était mon âme), je conservai cetle quiétude d’esprit jusqu’au moment où je me mis au lit.

Je m’endormais en me remémorant tous les péchés dont je m’étais purifié, quand tout à coup je me souvins d’un péché honteux, que j’avais caché à confesse. Les paroles de la prière d’avant la confession me revinrent à l’esprit et longtemps emplirent mes oreilles. Toute ma tranquillité disparut d’un coup… « et si vous cachez quelque chose, ce sera un grand péché… » entendais-je sans cesse, et je me vis si grand pécheur qu’aucune punition n’était suffisante pour moi. Pendant longtemps, je me retournai d’un côté sur l’autre en réfléchissant à ma situation et en attendant d’une minute à l’autre le châtiment de Dieu et même la mort subite, ce qui me causait un effroi indicible. Mais aussitôt il me vint une lumineuse idée : à l’aube, à pied ou en voiture, j’irai au couvent, chez le confesseur, et je me confesserai de nouveau. Et je me tranquillisai.