Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol20.djvu/176

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VIII

§ 91. — Transmission du péché de nos premiers parents à tout le genre humain. Remarques préliminaires. De la chute d’Adam est venu le péché originel. L’exposition du péché originel est précédée de deux opinions différentes et fausses. Les uns, les rationalistes, nient le péché originel et supposent que les maladies, les souffrances, la mort, sont les propriétés de la nature humaine et que l’homme naît innocent.

L’autre doctrine est celle des réformés, qui, donnant dans l’extrême opposé, exagèrent, par rapport à nous, les conséquences du péché originel. Suivant eux, ce péché a complètement détruit en l’homme la liberté, l’image de Dieu et toutes les facultés spirituelles, en sorte que la nature même de l’homme est devenue péché, que tous ses désirs et toutes ses actions ne sont que péché, que les vertus mêmes sont autant de péchés et qu’il est décidément incapable de faire aucun bien. L’Église orthodoxe repousse la première