Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol21.djvu/159

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avec les hommes. Si Dieu est dans le monde et en communion avec les hommes, quel Dieu est-ce donc ? Est-ce Dieu créateur qui est assis au ciel, qui apparut aux Patriarches et donna sa loi à Moïse, ce Dieu vengeur, cruel et terrible, que les hommes connaissaient et respectaient, ou est-ce un autre Dieu ?

Dans ce deuxième chapitre, Jésus définit ce que Dieu n’est pas.

Pour que ce soit tout à fait compréhensible, il est nécessaire de rétablir la véritable signification des paroles de Jésus-Christ, que toutes les Églises obscurcissent soigneusement.

La signification des paroles et des actes de Jésus-Christ, cités dans ce chapitre, est que Jésus-Christ nie toute la doctrine des Hébreux. En réalité c’est clair et indiscutable à un tel point qu’il est stupide de le prouver. Il fallait que nos Églises fussent atteintes par cet étrange sort historique qui les a forcées, contrairement à tout bon sens, à unir en un tout indivisible les doctrines tout à fait contraires : la doctrine chrétienne et la doctrine juive ; il fallait cela pour qu’elles pussent affirmer une ineptie pareille et masquer l’évidence. Il suffit non de lire mais de parcourir les cinq livres de la Bible, dans lesquels sont définis, jusque dans les moindres détails, tous les actes de l’homme, par des milliers de raisons des plus diverses, pour voir clairement qu’avec une pareille définition