Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol21.djvu/160

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détaillée de tous les actes de l’homme, il ne peut y avoir place pour un supplément quelconque de la doctrine de la loi, comme l’affirment les Églises. Il pourrait s’y trouver encore une place pour la nouvelle loi, s’il était dit que toutes ces lois sont humaines. Mais non, il est dit nettement et clairement que tout cela — quand et comment on fait ou l’on ne fait pas la circoncision ; quand et comment on tue les femmes et les enfants ; quels hommes on récompensera, et comment, pour un taureau tué par hasard — que tout cela, dis-je, est parole de Dieu lui-même. Quel supplément pouvait-on apporter à une loi pareille ? On ne peut qu’y ajouter certains détails sur la circoncision, sur la manière de tuer, etc. Mais en acceptant cette loi comme inspirée de Dieu, on ne peut plus non seulement propager la doctrine du Christ, mais même la doctrine la plus inférieure ; il n’y a rien à propager. Pour le premier mot d’une prédication quelconque, il faut détruire les cinq livres ; il faut détruire la loi de la Bible, tandis que l’Église doit affirmer que la Bible vient de Dieu ainsi que l’Évangile. Que peut-elle donc faire, sinon fermer les yeux à l’évidence et tendre toutes les forces de son esprit à unir ce qu’on ne peut unir. Cela se fit grâce à la doctrine fausse de Paul, qui précéda la connaissance de la doctrine du Christ, selon laquelle la doctrine du Christ, non comprise, était présentée comme la suite de la doctrine des Juifs. Une fois cela fait, et