Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol21.djvu/176

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pante était alors le sabbat. Jésus ne pouvait pas parler de nos églises, messes, images, sacrements qui n’existaient pas alors. Mais c’est précisément de quoi il parle.

Est ce que le dimanche n’est pas la même chose que le sabbat ? Et l’argent dépensé pour les cierges, pour les prêtres ? Et ces richesses des églises, ces rites, cette adoration extérieure de Dieu, qui sont toujours en contradiction avec les actes de l’amour, et ne peuvent point ne pas l’être pour cette simple raison que les actes de l’adoration de Dieu ne concernent jamais les hommes mais des choses inanimées, tandis que les actes de l’amour ne peuvent que concerner l’homme ?

On ne peut pas dire, ce qu’on m’objecte toujours : les messes, la communion, les prières, n’empêchent pas de faire le bien aux hommes. Comment, ils ne l’empêchent pas quand ils dirigent toute l’activité sur autre chose que l’homme ?

Il ne faut pas oublier que la doctrine de Jésus consiste à diriger chaque pas de la vie vers les actes du bien pour les hommes. Comment donc peut y aider l’activité qui n’a pas pour but les hommes ? C’est la même chose que de dire qu’il est très utile de fumer la pipe pour labourer les champs. Cela ne gêne sans doute pas beaucoup, cela prend peu de temps, et même donne peut-être du repos et du plaisir, mais cet acte en soi-même n’aide pas à labourer les champs.