Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol21.djvu/206

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Dans l’explication de ce passage, on oublie ordinairement le refus de la femme à donner de l’eau, c’est cependant ce qui permet de comprendre tout ce passage.

La femme dit que les Juifs ne peuvent pas avoir de communication avec les Samaritains, et que, par conséquent, elle ne lui donnera pas à boire. À cela, Jésus répond qu’en agissant ainsi elle se prive de l’eau vivante : la communion d’amour avec les hommes, cela même qui donne la vraie vie. Il lui dit que non seulement il ne lui répugne pas d’accepter à boire de sa part, mais qu’il est prêt à lui apprendre, comme à tous les hommes, cette rénovation qui donnera la véritable vie.

À cette objection qu’il ne peut faire cela, parce que les Juifs ont leur dieu, et que les Samaritains ont le leur, qu’ils adorent en un certain lieu, Jésus répond, comme s’il voulait expliquer la destruction du temple : « Le temps est venu d’adorer Dieu non ici ou là, mais partout, parce qu’il faut adorer non ce Dieu que nous ne connaissons pas, mais celui que nous connaissons comme le fils connaît son père. »

En un mot, il répète ce qui est dit dans l’Introduction : que personne n’a vu Dieu, que c’est le fils seulement qui le manifeste, et ce qui est dit dans l’entretien avec Nicodème : « Nous parlons de ce que nous connaissons et voyons, mais ce n’est que le fils, qui est descendu du ciel, qui a